Nord Eclair du 6/12/2011
Plus besoin pour les concerts des Joséphonies de venir avec bouillotte, bassinoire et autres doudounes. L'église n'est plus un frigo. On s'en rendra compte dimanche avec le choeur maîtrisien du conservatoire de Wasquehal.

Il ne faudrait pas pousser beaucoup Yves Ducrocq et Franck Larère de l'association des Compagnons de Saint Joseph pour qu'ils acceptent de constituer un comité en vue de la béatification de... Pierre Dubois.
Le premier adjoint est plus que jamais en odeur de sainteté auprès de l'association de sauvegarde de l'église de l'Alma. Ayant partagé l'an dernier le supplice des choristes de la maîtrise de Javel et de l'auditoire dans une église devenue glacière, Pierre Dubois a décidé d'intervenir au plus vite. Si on frissonne ce dimanche au premier concert des 6e Joséphonies, ce sera d'émotion mais plus de froid.
Tant pis pour Damart® ! Une dizaine de radiateurs électriques disposés sous les voûtes vous bombardent de calories. Plus besoin de bouillottes, de bassinoires et de doudounes à moins d'être un incurable frileux.
Les compagnons de Saint-Joseph ont été très touchés par le geste de la municipalité. Celle-ci, il y a quelques années, avait expérimenté une moquette chauffante mais l'essai n'avait guère été satisfaisant. On continuait à claquer des dents. Autant dire que le chauffage radiant [réalisé par DELESTRE Industrie] était attendu comme le Messie.
Le premier concert de la saison Joséphonique est pour Yves Ducrocq et Franck Larère l'occasion d'évoquer la situation de l'église Saint Joseph qui en dépit des égards des pouvoirs publics - le bâtiment est en effet classé - demeure préoccupante.
L'humidité continue de ronger les fresques qui, peu à peu, s'effilochent. Bientôt, pour certaines d'entre elles, il conviendra de parler de reconstitution à l'identique et non plus de restauration.
À quelque chose
malheur est bon...
Consolation cependant : les vitraux du transept droit sont terminés, ceux du transept gauche devraient être remis en état pour le mois de février. La grande verrière de façade qui n'est affectée que de quelques accrocs dans sa partie inférieure ne devrait nécessiter que deux jours d'intervention au printemps. À quelque chose malheur est bon. C'est la tempête de 2007 qui a révélé que la restauration des vitraux ne pouvait plus attendre.
Les réévaluations les plus récentes laissent redouter un chantier beaucoup plus coûteux qu'on ne l'envisageait. Vincent Brunelle, architecte des bâtiments de France le chiffre actuellement à 5,3 millions d'euros dont 875 000 E pour les vitraux. Une somme énorme pour les collectivités territoriales et notamment le Département qui finançait à hauteur de 80 %. Et le chantier n'est pas à l'abri d'autres surprises. Une étude complémentaire de la charpente destinée à mesurer les dommages causés par la vrillette et le mérule est en cours. En 2012, c'est à l'étanchéité de la face nord du bâtiment, à l'origine des problèmes d'humidité que l'on s'attaquera.
« On ne peut demander à la Ville qui a bien d'autres urgences à prendre en compte de s'engager davantage. L'important c'est que nous disposions de devis précis et concrets et d'un phasage pour mobiliser les mécènes », insiste Yves Ducrocq.
En fait, l'association des compagnons a l'impression de se trouver à un tournant. L'église Saint Joseph fait actuellement l'objet d'une étude d'un groupe d'étudiants en master d'architecture sous la conduite de Gille Maury sur la place que peut occuper un monument historique dans un quartier neuf comme l'Union.
Il sera également question de l'église roubaisienne dans le colloque international consacré à Pugin, à Ruskin, au Baron de Béthune et au Gothic Revival à l'automne 2012. « L'église Saint Joseph est à présent reconnue par les spécialistes. Il faudrait aussi qu'elle devienne une référence touristique » insistent MM. Ducrocq et Larère. Peut-être qu'en y accueillant l'émission Des racines et des ailes ? Ils y pensent aussi...